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Alcool et politique, un mélange dont les élus doivent se méfier

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Marie-Martine Schyns (CDH), la ministre de l’Enseignement, a été contrôlée positive à l’alcool à deux reprises. Pour les mandataires politiques, les tentations sont nombreuses. « Il faut multiplier les précautions », selon le libéral Jean-Luc Crucke.

Tous pourris, les politiques ? Ou alors, tous bourrés ? L’époque est aux slogans poujadistes et forcément injustes. Bien malgré elle, Marie-Martine Schyns (CDH) vient de relancer un sempiternel débat, du genre à donner la gueule de bois : « Les liens entre l’alcool et la vie d’élu ou de mandataire, mythe ou réalité ? »

Ici comme ailleurs, la nuance s’impose : les deux contrôles positifs de la ministre de l’Enseignement ne signifient pas qu’elle est une alcoolique pathologique. Nous sommes néanmoins tentés de lui conseiller la prudence : la commune où elle siège dans l’opposition vient de conclure un jumelage avec Vacqueyras dans le Vaucluse, surtout connu pour ses crus des Côtes-du-Rhône. Il serait fort tentant de vérifier si le breuvage se marie aussi bien qu’on le dit au fromage odoriférant qui fait la réputation de Herve. Gare aux abus !

En matière de bibine aussi, les politiques sont à l’image de la société : à géométrie variable. A une extrémité du bar, il y a eu longtemps Michel Daerden dont les excès ont heurté l’opinion quand ils ne la faisaient pas hurler de rire. A l’autre bout du zinc, où on ne le voit guère, on pourra croiser Rudy Demotte (PS), par exemple : le ministre-président de la Fédération est connu pour fonctionner exclusivement à l’eau, peu importent les circonstances et les tentations.

Dans les allées du pouvoir, l’alcool est un tabou. Plus qu’autrefois : longtemps, dans l’angle d’une photo généreusement cadrée ou au hasard d’un plan de coupe pour le JT du soir, il n’était pas rare de voir traîner une bouteille à moitié consommée ou un verre attendant que son propriétaire lui règle son sort. En ce temps-là aussi, les cendriers étaient remplis, les pipes et les clopes traînaient au coin des lèvres, et personne ne s’en offusquait. On a connu l’époque où un certain conseil provincial se clôturait au champagne. Le président régalait.

Mais que se passe-t-il à l’abri des regards ? La buvette du parlement fédéral a bonne réputation. Les boissons alcoolisées (et les autres) étaient gratuites jusqu’il y a peu. Après un incident entre deux élus, le Bureau de l’assemblée a changé son fusil d’épaule au mois de janvier : députés et sénateurs recevront désormais l’addition. N’en concluez pas que l’endroit est le théâtre de beuveries mémorables : « Il n’y a pas de raison de limiter davantage la consommation d’alcool, a commenté le président Siegfried Bracke. Les membres consomment en moyenne trois verres de bière et deux verres de vin par mois. »

Au parlement de Wallonie comme à celui de la Fédération, la sobriété est aussi la règle. Les députés disposent d’un local où ils peuvent se détendre, manger un sandwich et se réunir. Il est possible de s’y servir un verre de vin ou une bière, des produits régionaux essentiellement, mais rien de plus.

C’est quand il déserte les palais et les ministères que l’homme ou la femme politique est le plus fragile, l’exemple de Marie-Martine Schyns en est la preuve. Chaque année en Wallonie, le Salon des Mandataires qui se déroule au Wex de Marche-en-Famenne réunit durant deux jours la fine fleur du monde politique local et régional. Un rendez-vous de haut niveau, mais connu pour l’ambiance festive qui y règne : la semaine dernière, la séquence de RTL-TVI s’ouvrait une scène digne de la Belgique Joyeuse.

Le cabinet de Paul Furlan puis de Pierre-Yves Dermagne, en charge des pouvoirs locaux, a réagi cette année : « La presse finissait par s’intéresser d’abord à la fête. L’image du Salon devenait floue. Nous avons demandé au Wex de veiller à limiter la consommation d’alcool durant l’heure de midi et lors d’événements programmés par les exposants. C’est une mesure de prudence pour éviter les excès. »

La hantise des politiques porte un nom, selon le député wallon Jean-Luc Crucke : la boisson sociale. Ou l’extrême difficulté de refuser un verre quand on arpente le terrain pour rencontrer les (futurs) électeurs. « Je fais le mois sans alcool, témoigne le libéral. Tout le monde me demande ce qui ne va pas… »

Pas question de jeter la pierre à Marie-Martine Schyns : « Il arrive à tout le monde de boire un verre, mais la personnalité publique doit multiplier les précautions. S’il le faut, je me fais accompagner, je ne cours pas ce risque-là. Chaque week-end, je fréquente entre 5 et 15 manifestations festives. La proximité, parler, écouter, c’est essentiel ! » Le bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing s’est toutefois fixé une règle : « Tout le monde le sait dans ma commune : à trois mois des élections, je passe à l’eau ! »

Deux retraits de permis pour Schyns

Marie-Martine Schyns (CDH), la ministre de l’Education, lève parfois le coude. Et comme beaucoup, elle coche parfois la mauvaise option quand il s’agit de « choisir entre boire et conduire. » Elle s’est fait prendre à deux reprises, signalait mercredi Sud Presse. Le 26 mars 2016, Marie-Martine Schyns participe au carnaval de Herve. Au retour, la députée est contrôlée par la police. Elle dépasse les 0,5 g autorisés. Le permis est retiré. Elle le récupère le lendemain. Paie l’amende (elle ne se souvient plus du montant). Fin de l’histoire. Le 14 janvier 2017, au retour d’un repas entre amis, Schyns est à nouveau contrôlée. Elle dépasse les 0,5 g autorisés. Le permis est retiré. Elle le récupère le lendemain. C’est le début de l’histoire. Schyns est ministre depuis le 18 avril 2016. Vu son statut, son dossier est envoyé au Parquet général de Bruxelles. On en est là. La ministre attend le verdict – l’affaire devrait sans doute se solder par une transaction pénale. A voir. Il y a peu, Willy Borsus (MR), ministre fédéral, s’était fait contrôler, lui aussi. Il avait présenté ses excuses. Schyns en fait autant. « Je reconnais ma responsabilité sans détour. Je mesure pleinement que mon comportement est d’autant plus grave considérant la fonction que j’occupe. Je ferai en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. » Schyns évoque sa fonction qui suppose un devoir d’exemplarité particulier. Il n’est pas question de démissionner pour autant. Cette issue n’est évoquée ni de son côté, ni au CDH.

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